Vaviroa
Porté par sa communauté
Pendant plus de dix ans, Vaviroa a vécu avec un goitre qui ne cessait de grossir, dans le petit village de Madirovalo, à Madagascar. Mais ce lourd fardeau physique n’était qu’une partie de son histoire. Elle portait aussi une profonde souffrance intérieure : le chagrin d’avoir perdu son fils unique et la solitude qui l’accompagnait jour après jour.
Autrefois, elle travaillait comme agricultrice à Mahajanga, se levant tôt pour cultiver ses champs. Mais, au fil du temps, son goitre ne cessait de grossir et une blessure à la jambe compliquait chaque effort. Peu à peu, le travail est devenu trop éprouvant, jusqu’à ce qu’elle soit contrainte d’y renoncer.
« Ça ne faisait pas mal, et je n’avais aucun problème pour respirer », explique-t-elle. « Mais j’ai arrêté de travailler à cause de mon âge et de ma jambe. »
Huit ans plus tôt, son fils unique avait disparu. La police et les membres de son village l’avaient cherché, en vain, pendant des jours,.
Depuis lors, Vaviroa vivait seule, comptant sur le soutien de ses amis et voisins.
« Certaines personnes de mon village me donnaient de quoi manger pour subvenir à mes besoins quotidiens », chuchote-t-elle. « Elles me donnaient même des vêtements. »
Malgré ses épreuves, Vaviroa est restée en lien avec sa communauté. Elle aimait passer du temps avec les autres et était connue pour réciter des poèmes afin d’encourager les enfants à étudier et même d’apprendre aux jeunes hommes à exprimer leurs sentiments.
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qui changera la vie d’un autre patient vivant dans la douleur, l’isolement et le rejet.
Parmi celles qui connaissaient son histoire figurait Ester, une infirmière locale qui travaillait dans un dispensaire voisin. Elle voyait souvent Vaviroa passer, avec cette masse visible au cou. Lorsqu’Ester entendit parler de Mercy Ships par un cousin vivant à Toamasina, elle décida d’aller lui annoncer qu’un navire-hôpital allait venir à Madagascar pour proposer des opérations chirurgicales gratuites.
Mais il y avait un obstacle. Le centre de dépistage se trouvait à plusieurs jours de route, et Vaviroa n’avait aucun moyen de s’y rendre.
Ester a pris en charge ses frais de transport jusqu’au centre de dépistage à deux reprises, puis l’a aidée à se rendre au point de rassemblement où elle a pu monter dans un bus à destination de Toamasina afin d’y subir un examen en vue d’une intervention chirurgicale.
Le voyage a été long, mais il a conduit Vaviroa à bord de l’Africa Mercy®, où elle a été accueillie par des bénévoles venus du monde entier.
Un nouveau chapitre
À son arrivée, l’équipe soignante a découvert qu’elle souffrait également d’un autre problème de santé, qu’elle supportait en silence depuis longtemps : elle marchait à l’aide d’une canne, et ses tongs étaient maintenues ensemble par un élastique de fortune.
« Sa canne n’était qu’un simple bâton », explique Kalinda Ramsaran, une kinésithérapeute bénévole canadienne. « Et elle essayait de réparer ses tongs avec un garrot provenant de sa récente visite au laboratoire pour une prise de sang. »
L’équipe de rééducation a appris que Vaviroa était tombée d’un arbre lorsqu’elle était enfant et s’était cassé la jambe. La fracture s’était mal consolidée, laissant une jambe plus courte de cinq centimètres que l’autre. Avant l’opération, l’équipe lui a fourni une béquille adaptée et a fabriqué une chaussure provisoire pour l’aider à améliorer son équilibre.
Plus tard, ils ont mis au point une solution durable.
Kalinda explique : « Notre super menuisier a fabriqué une pièce en bois qui se visse sous sa chaussure, servant de plateforme compensatrice. Si la chaussure s’use, elle pourra la fixer à une autre. Elle devrait pouvoir l’utiliser pour le reste de sa vie. »
Grâce à sa nouvelle chaussure, Vaviroa marche aujourd’hui avec plus d’assurance et peut envisager l’avenir avec de nouvelles perspectives.
« Quand je rentrerai chez moi après l’opération », témoigne-t-elle, « j’essaierai de trouver un soutien financier et je commencerai à élever des animaux de ferme, comme des canards ou des oies, pour gagner ma vie. »
Elle espère également rendre visite à l’infirmière Ester qui habite dans sa région, pour la remercier d’avoir donné vie à ce voyage.
Avant de quitter l’Africa Mercy®, Vaviroa a tenu sa promesse. Elle a écrit un poème pour remercier les bénévoles qui ont pris soin d’elle.
«Merci à Mercy Ships pour ses soins », a-t-elle écrit, « ce que vous avez accompli ici est une véritable bénédiction. »
Aujourd’hui, Vaviroa s’apprête à rentrer chez elle, confiante pour son avenir, car elle prévoit de se lancer dans l’élevage d’animaux et de renouer avec les personnes qui l’ont aidée tout au long de son parcours.
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