Esméralda Michel

Q. Qui es tu et d’où viens tu ?

Je m’appelle Esméralda, j’ai 25 ans et je viens d’Orléans. Avant de venir servir sur l’Africa Mercy à Dakar pendant sept mois, j’étais infirmière en chirurgie à l’hôpital d’Orléans. 

Q. Comment as-tu entendu parler de Mercy Ships ?

Il suffit d’une rencontre… Celle d’une ancienne bénévole de Mercy Ships, chanteuse à ses heures perdues, qui vendait ses CD pour financer son prochain voyage humanitaire. Malgré mon enthousiasme à partir, j’ai attendu d’avoir mes deux années d’expérience requises pour être plus efficace sur le terrain.

J’ai postulé sur le site de Mercy Ships en septembre 2018, j’ai eu la réponse positive fin février 2019 pour partir début novembre. J’ai donc eu six mois pour me préparer et recueillir l’argent nécessaire pour financer mon séjour à bord : petite cagnotte en ligne, économies personnelles, aide de la famille, des amis et des collègues.

 Q. Peux-tu nous parler de ta mission dans l’hôpital ?

Il y a cinq salles d’opérations sur le navire ; je suis infirmière dans le département de chirurgie plastique et orthopédique où l’on opère des enfants de moins de quinze ans qui présentent des malformations, en général liées à la malnutrition et au manque de calcium. Ils ont les jambes arquées, les jambes en X, les genoux disloqués… et toute autre dystrophie osseuse. Comme les opérations sur les adultes présentent plus de risque, nous préférons anticiper.

Je m’occupe de ces patients avant et après l’intervention chirurgicale, jusqu’à ce qu’ils quittent le navire.

Q. Quelles différences fais-tu avec ton métier d’infirmière « sur terre » ?

Ici, notre rôle humain est prédominant ; comme une infirmière gère moins de patients, elle a beaucoup plus de temps pour mieux s’occuper d’eux, de leur personne dans leur globalité, à travers des discussions ou des jeux, en plus de l’aspect soins et traitements bien sûr.

Souvent, les patients ne parlent que le wolof, et nous avons besoin des traducteurs sénégalais pour faire l’intermédiaire. Et il nous faut prendre ce temps nécessaire pour communiquer avec eux.

Une heure par jour, nous sortons sur le pont avec les patients qui peuvent marcher. Ce sont des moments essentiels d’échanges, de rires, souvent de chansons et de danse, et donc une occasion unique de tisser de véritables liens avec eux.

Nous avons également un rôle d’éducateur, en rappelant à tous l’importance de l’hygiène, comme le lavage fréquent des mains par exemple, qui éradique une bonne partie des microbes.

Nous les aidons également à faire leurs séances de rééducation avec les kinésithérapeutes.

Notre rythme de travail est soutenu, nous faisons des 3/8 comme partout, mais nos jours de repos nous laissent plus de temps puisque nous sommes déchargés de toute logistique : pas de courses, pas de repas à préparer, pas de vaisselle à laver, chacun des 450 bénévoles à sa part de responsabilité sur le navire !

 Parlons de la vie à bord alors !

Franchement, elle est très agréable. Je partage ma cabine avec 5 femmes de nationalités différentes. Le respect de l’autre se retrouve dans tous les actes de la vie quotidienne, la bienveillance est partout, et la vie est simple !

Au début, je redoutais un peu le fait que toute la communication se fasse en anglais – la langue officielle sur le bateau – mais cette appréhension est vite passée, on se sent vite à l’aise.

 Q. Qu’est ce qui t’a donné envie de faire du bénévolat avec Mercy Ships ?

Cela faisait 10 ans environ que je pensais à m’engager dans une mission humanitaire ; mon métier d’infirmière est un tremplin idéal pour servir des causes nobles.

La mission et les valeurs de Mercy Ships correspondaient aux miennes, à mes attentes et à mes envies aussi. Alors j’ai signé ! Et je ne le regrette pas…