Débora Boisselier

Q. Comment as-tu entendu parler de Mercy Ships?
Je cherchais une organisation sur internet et j’ai trouvé Mercy Ships. La mission d’apporter l’espoir et la guérison aux plus démunis m’a beaucoup attiré. J’ai été séduite par l’idée d’un bateau-hôpital qui donne de l’aide médicale gratuitement.

Q. Pourquoi as-tu choisi d’être infirmière?
Je voulais un métier qui soit utile pour les autres. Ce n’est pas une activité que je connaissais du tout mais j’ai rencontré des infirmières et infirmiers qui eux m’ont parlé de leur métier. Quand j’ai découvert ce que c’est, je n’ai pas eu de doute que c’était ce que je voulais faire. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’est une vocation.

Q. As-tu déjà été en Afrique?
Oui, je suis allée au Burkhina-Faso en 2012 pour un mois. J’étais étudiante et je me suis rendue dans la maternité d’un centre médical au nord du pays. J’ai vu tant de patients avec des pathologies différentes de ce qu’on voit en France. Ils n’avaient rien et ils devaient payer pour leurs soins. Ca a été une experience très marquante.

Q. Qu’est-ce qui différencie Mercy Ships? Qu’est-ce qui est unique à Mercy Ships?

Ce qui est différent, c’est de travailler avec des infirmières du monde entier. On parle anglais ce qui est nouveau pour moi. Nous prenons soin de patients qui ont des pathologies que nous n’avons jamais vues. On apprend beaucoup à bord du navire-hôpital.
Ce qui est unique, c’est que nous travaillons tous pour un but commun, une vision commune qui est d’aider le patient à guérir et lui montrer de l’amour.

Q. Dans quelle spécialité travailles-tu à bord?
Je travaille en tant qu’infirmière pédiatrique dans le service des opérations plastiques. Nous nous occupons des enfants qui souffrent de brûlures depuis leur plus tendre âge. Leur peau s’est cicatrisée en contractant les membres, ce qu’il fait qu’ils en ont perdu la mobilité. L’opération chirurgicale leur permet de retrouver la mobilité et une apparence physique plus normale.

Q. En France, as-tu traité des enfants avec des brûlures? 

Non, jamais.

Q. Comment gères-tu de voir la douleur de ces enfants?
Au début, c’est très impressionant. Ils sont très courageux. Ils ne se plaignent jamais de rien. Certains d’entre eux ont la moitié de leur corps brûlée. On a du mal à s’imaginer leur souffrance et l’exclusion qu’ils ont subies. Je veux faire de mon mieux pour qu’ils comprennent que je suis là pour les aider à guérir et leur apporter de la joie autant que possible.

Q. Y a-t-il un patient qui t’a particulièrement marqué?

Oui, c’était en orthopédie. Je m’occupais d’une petite fille de 5 ou 6 ans. Elle avait les jambes arquées et son histoire m’a beaucoup touché. Sa mère avait essayé de la tuer car elle avait honte d’elle avant de finalement s’ôter la vie. J’ai realisé combien sa vie avait été déjà si dure. Les gens sont très courageux, ils se battent pour survivre. Leur force intérieure me marque beaucoup.

Q. Quel est l’aspect que tu préfères de la vie à bord d’un navire-hôpital?

La vie en communauté. Je rencontre des gens de cultures très différentes avec des expériences très variées. C’est très enrichissant de partager ces expériences ensemble. J’ai fait la connaissance de personnes extraordinaires qui m’ont aidé à mieux me connaître. Elles m’ont beaucoup apporté.

Q. Cela fait combien de temps que tu es à bord de l’Africa Mercy?
Cela fait six mois.

Q. Qu’est-ce que ces 6 derniers mois t’ont apporté?
Je me découvre moi-même. C’est la première fois que je suis si loin de ma famille et de mon pays. J’ai realisé que je peux être heureuse et m’épanouir même si ma famille et mes amis me manquent. Je suis heureuse de vivre cette expérience.

Q. Pourquoi s’engager en tant que donateur auprès de Mercy Ships?
Je dirais que peut-être qu’on pense que ce n’est rien de donner $30 ou $50, que ça ne fera pas de différence dans la vie de quelqu’un mais en fait, ce que je veux dire, c’est que même un petit montant fait la difference dans la vie d’un patient. Ca me fait penser à l’histoire de ce petit garçon qui ramasse une étoile de mer échouée sur la plage. Un homme lui demande: “pourquoi est-ce que tu fais ça? Il y en a tant sur la plage, ça ne sert à rien ce que tu fais”. Et le garcon lui répond: “Mais oui, ça fait toute la difference pour celle-ci.” Chacun peut contribuer et faire la différence.