Claudie Laurent

A mon arrivée sur l’Africa Mercy en automne dernier, j’étais surprise d’entendre très souvent cette question : « C’est la première fois ? »…  Et à mon départ : « Tu reviens quand ? »

Après un mois à bord, ces questions ont pris tout leur sens : en effet, les bénévoles reviennent, et certains prolongent même leur séjour à bord. Ce fut mon cas.

Vivre sur l’Africa Mercy, c’est embrasser une communauté de pensée, c’est vivre avec des personnes qui consacrent leur énergie à une même cause, c’est partager un espace de vie, des moments inoubliables avec des personnes bienveillantes, souriantes, apaisantes. C’est échanger et créer des amitiés durables avec des personnalités de tous horizons, sans aucune frontière de nationalité ou de génération.

Au sein du Département de la Communication, ma mission était d’écrire des histoires de patients, de leur arrivée sur le quai jusqu’à leur départ du navire, et même jusqu’à leur retour à la maison après leur séjour au Hope Center, l’endroit qui les accueille pour vivre plusieurs semaines, le temps que leur rééducation soit terminée.

Ces histoires, illustrées par des photos ou des vidéos, sont essentielles pour montrer l’impact de la mission, encourager les bénévoles à s’engager et les donateurs à soutenir Mercy Ships. Elles constituent le cœur de la communication et sont diffusées sur les réseaux sociaux, sur les sites internet, et font l’objet de mailings, de lettres d’information, de brochures. En m’engageant sur le navire, je souhaitais être en contact direct avec les patients, et mon rôle à la Communication comblait parfaitement cette aspiration. Pour certains jobs à bord qui ne nécessitent pas la proximité avec eux, il est toujours possible, en fin de journée, d’aller leur rendre visite sur le pont 3, réservé à l’hôpital, avec ses cinq salles de chirurgie et ses quatre chambres de vingt lits. L’ambiance qui y règne est incroyablement joyeuse, on chante, on joue, on rit, on raconte des histoires, on s’attache à ces patients qui sont tellement reconnaissants à Mercy Ships. Ils sont certes guéris en partant, mais surtout ils ont retrouvé leur dignité et vont pouvoir réintégrer – voire commencer – une réelle vie sociale.

On ne revient pas indemne d’un séjour sur l’Africa Mercy. On part avec l’envie de donner, de partager, mais on ne réalise pas combien on va recevoir en retour : de l’amitié et de l’amour, de la reconnaissance, de l’énergie chaque jour grandissante, l’envie de donner plus et mieux encore. On revient serein, avec une foi solide en l’avenir.

Claudie Laurent habite près de Genève, elle est consultante en Communication. Agée de 59 ans, elle collabore avec Mercy Ships en Suisse et en France depuis 18 mois. Fin octobre, elle a souhaité s’engager plus, et a servi sur l’Africa Mercy pendant un mois au sein du département Communication.