Aminata libérée de la honte
- 12 mars 2021
Sa famille ne le savait pas, mais la petite Aminata allait rapidement devoir faire face aux plus difficiles situations qu’un être humain puisse connaitre. Dans son village d’Afrique, la honte et l’exclusion allait devenir le quotidien de ce tout petit bébé, et seule une opération pourrait changer cela…
Une maladie préoccupante
Ousman était tout excité de recevoir l’appel de sa sœur lui annonçant la naissance de sa nièce. Cependant, cet enthousiasme s’est rapidement transformé en chagrin lorsqu’il apprit que la petite Aminata était malade. Elle avait une fente labiale. Dès lors qu’il entendit la détresse dans la voix de sa sœur, Ousman se sentit désemparé. Il allait devoir prendre soin de sa sœur et sa nièce pour affronter cette épreuve.
En grandissant, l’état de santé de la jeune Aminata devint préoccupant. En effet, sa difficulté à manger provoqua une malnutrition, ce qui ralentit son développement physique. Ainsi, à huit ans, sa taille et sa carrure ressemblaient à celles de ses cousins de quatre ans.
Comme elle avait honte de la façon dont elle mangeait, elle refusait de manger en public et se contentait de grignoter les repas que ses parents déposaient pour elle dans la maison. La situation devenait critique et trouver de l’aide était indispensable pour sauver Aminata.
« Aminata ne mangeait que toute seule, et elle trouvait cela difficile », explique Ousman.
« Les autres enfants se moquaient d’elle et disaient que sa bouche restait toujours ouverte quand elle mangeait. Même avec le réconfort de sa famille, elle avait honte et ne mangeait que seule ».
Un appel à l’aide pour sauver Aminata
Ousman a passé des années à entendre les cris de sa sœur, le suppliant de l’aider. Malgré sa douleur, il souhaitait à tout prix trouver de l’aide pour sauver sa nièce de la maladie.
« Ma sœur pleurait tous les jours pour Aminata, et je lui ai dit que je trouverai de l’aide. Le fait de savoir que je cherchais une solution dans la capitale lui permettait de garder son calme ».
Après huit ans et plusieurs tentatives infructueuses, la famille avait pratiquement abandonné. Aminata était constamment effrayée à l’idée de se montrer en public… Une opération pouvait la sortir de la honte mais les coûts chirurgicaux sont très élevés en Afrique.
« C’était une période vraiment triste car nous savions que la chirurgie était son seul espoir et nous ne pouvions tout simplement pas l’obtenir », déclarait Ousman. « C’était triste de laisser Aminata ainsi, mais nous n’avions pas d’autre option car nous ne pouvions rien faire sans une aide extérieure ».
Un nouvel espoir
Un jour, Ousman a entendu une annonce à la radio parlant d’un navire qui offrait des opérations gratuites. Après avoir entendu parler du processus de sélection des patients, il se précipita pour aller chercher Aminata au village. Malheureusement, lors de son arrivée à la capitale, la sélection était terminée. Mais Ousman ne voulait pas abandonner.
Il emmena Aminata directement à l’Africa Mercy afin de voir si Mercy Ships pouvait faire quelque chose pour l’aider. En effet, la situation était plus que critique et Aminata avait besoin de ces soins.
« Dans le village, nous sommes très pauvres et ce navire est notre seul espoir », déclara Ousman. « Je me sens responsable d’Aminata car en grandissant, elle va se sentir exclue et je ne veux pas cela pour elle. Je suis son seul oncle, donc je dois absolument faire quelque chose ».
Une fois qu’Aminata a été acceptée comme patiente à bord de l’Africa Mercy, Ousman avait hâte d’appeler sa sœur pour lui annoncer la fantastique nouvelle : Aminata allait être opérée ! Ainsi, quelques jours après, les bénévoles de Mercy Ships ont pris en charge cette enfant pour débuter le programme chirurgical.
Après l’intervention, Aminata a guéri en sachant que sa famille ne l’avait jamais abandonnée. Malgré son inquiétude, cette opération lui a permis de retrouver confiance en elle et ne plus avoir honte de sortir dans son village en Afrique.
« Abandonner signifiait ne plus espérer », a déclaré Ousman. « Nous n’avons pas pensé à ce qui se serait passé si elle ne s’était pas fait opérer. Nous nous sommes accrochés à notre seul espoir… Maintenant, Aminata a tellement plus d’opportunités. Nous sommes si reconnaissants pour tout ce qui a été fait pour notre famille ».
Grâce à la persévérance d’Ousman et l’engagement de nos bénévoles à bord, Aminata a retrouvé sa joie de vivre et peut désormais se diriger vers un avenir plein d’espoir.
3 Articles les plus lus
-
Que faire à Dakar ? 7 activités et lieux à visiter selon nos bénévoles8586 vues • Juil 21 • 3 min lecture -
Un héros de la santé en Afrique : Emmanuel Essah, technicien biomédical7303 vues • Mar 03 • 4 min lecture -
Accident médical : comment Adam Zidane a évité une amputation de la jambe6997 vues • Fév 01 • 4 min lecture
PARTAGEZ
Je souhaite faire un don
Découvrez d'autres articles

Portée par sa communauté
Pendant plus de dix ans, Vaviroa a vécu avec un goitre qui ne cessait de grossir, dans le petit village de Madirovalo, à Madagascar. Mais ce lourd fardeau physique n’était qu’une partie de son histoire. Elle portait aussi une profonde souffrance intérieure : le chagrin d’avoir perdu son fils unique et la solitude qui l’accompagnait jour après jour.

L’histoire de la famille d’Haja : La fin d’un surnom qui leur collait à la peau
À Anjiro, un village rural de l’ouest de Madagascar, les familles sont connues pour bien des raisons. Certaines sont réputées pour leur agriculture, d’autres pour leur artisanat, leur générosité ou leur foi.
Pendant des années, la famille d’Haja a porté une identité particulière : son nom était étroitement lié à leurs enfants. Les gens disaient : « Ce sont les enfants d’Haja, ceux qui ont les jambes arquées. »

Au-delà des apparences, la guérison intérieure est essentielle
Assis après le travail dans son uniforme rouge d’équipier de pont, Sheku Conteh fait défiler d’anciennes photos de lui. Ces images le ramènent à une période de sa vie qu’il n’a jamais oubliée.
Sheku n’avait que quatorze ans lorsqu’il a découvert Mercy Ships pour la première fois en 2002. Il vivait avec une tumeur faciale potentiellement mortelle qui réduisait peu à peu sa capacité à respirer. Sa famille a cherché de l’aide dans les hôpitaux de Freetown, en Sierra Leone, mais aucun ne pouvait le soigner.
PARTAGEZ